Chiffres vérifiés le : . Les règles fiscales évoluent ; ce qui suit décrit la situation à cette date et ne remplace pas un conseil personnalisé.
Le droit de séjour : simple, mais pas automatique
En tant que citoyen de l'Union européenne, vous pouvez vivre en Italie sans visa ni permis. Au-delà de trois mois, vous devez vous inscrire au registre de la population de votre commune, l'anagrafe, en justifiant de ressources suffisantes et d'une couverture maladie. Pour un retraité, la pension et l'inscription au système de santé italien via le formulaire S1 délivré par votre caisse d'origine suffisent en général. Cette inscription, la residenza anagrafica, est aussi la clé de plusieurs avantages fiscaux décrits plus bas : elle a donc une date, et cette date compte.
Quand devient-on résident fiscal italien ?
Vous êtes résident fiscal italien pour une année si, pendant la plus grande partie de celle-ci, soit 183 jours, vous y avez votre résidence, votre domicile, c'est-à-dire le centre de vos relations personnelles et familiales, ou votre présence physique, les fractions de journée comptant. L'inscription à l'anagrafe crée une présomption de résidence, que vous pouvez contester, mais mieux vaut que les faits et le registre racontent la même histoire. Dès lors, l'Italie impose vos revenus mondiaux, et votre pays cesse de le faire pour l'essentiel, selon la convention qui le lie à l'Italie.
Un point surprend souvent : une fois résident en Italie, la maison que vous gardez chez vous devient un bien détenu à l'étranger. Elle se déclare dans le quadro RW de la déclaration italienne et supporte l'IVIE, l'impôt italien sur les immeubles situés à l'étranger, au taux de 1,06 % de sa valeur, sous réserve des crédits d'impôt pour la taxe foncière payée sur place. À prévoir avant de décider de la garder ou de la vendre.
Ce que devient votre pension
La convention franco-italienne du 5 octobre 1989 suit le modèle habituel : une pension de retraite privée ou du régime général versée à un résident d'Italie n'est imposable qu'en Italie, tandis qu'une pension de la fonction publique reste imposable en France, sauf si vous êtes de nationalité italienne et résident en Italie. Un ancien salarié du privé qui s'installe en Italie bascule donc son impôt sur sa pension vers l'Italie ; un ancien fonctionnaire continue de la déclarer en France. Les prélèvements sociaux français sur la pension dépendent de votre affiliation à l'assurance maladie : une fois couvert par le système italien via le S1, la question se pose différemment. Faites valider votre cas par un fiscaliste franco-italien.
La convention belgo-italienne du 29 avril 1983 suit le modèle habituel : une pension du secteur privé versée à un résident d'Italie est en principe imposable en Italie, tandis qu'une pension publique reste imposable en Belgique, sauf si vous avez la nationalité italienne et résidez en Italie. Un ancien salarié du privé qui s'installe en Italie bascule donc l'impôt sur sa pension vers l'Italie ; un ancien agent de l'État continue de la déclarer en Belgique. Le précompte professionnel belge et la cotisation de solidarité demandent une attention particulière lors du départ. Faites valider votre cas par un fiscaliste belgo-italien.
La convention luxembourgo-italienne du 3 juin 1981 suit le modèle habituel : une pension du secteur privé versée à un résident d'Italie est en principe imposable en Italie, tandis qu'une pension publique luxembourgeoise reste imposable au Luxembourg, sauf si vous avez la nationalité italienne et résidez en Italie. Un ancien salarié du privé qui s'installe en Italie bascule donc l'impôt sur sa pension vers l'Italie ; un ancien fonctionnaire continue de la déclarer au Luxembourg. Faites valider votre cas par un fiscaliste luxembourgo-italien, en particulier si votre carrière mêle plusieurs régimes.
En Italie, une pension est imposée au barème de l'IRPEF, qui en 2026 compte trois tranches : 23 % jusqu'à 28 000 euros, 33 % de 28 001 à 50 000 euros et 43 % au-delà, auxquelles s'ajoutent les additionnelles régionale et communale. C'est là que les régimes de faveur décrits ci-dessous prennent leur sens.
Le régime à 7 % des petites communes du Sud
L'article 24-ter du code italien des impôts propose aux retraités titulaires d'une pension de source étrangère qui transfèrent leur résidence fiscale dans une commune de 30 000 habitants au plus située en Sicile, en Calabre, en Sardaigne, en Campanie, en Basilicate, dans les Abruzzes, le Molise ou les Pouilles, ou dans certaines communes des zones sismiques du Latium, des Marches et de l'Ombrie, un impôt de substitution de 7 % sur l'ensemble de leurs revenus de source étrangère, pension comprise, pendant dix ans. Le seuil de population est passé de 20 000 à 30 000 habitants le 7 avril 2026, ce qui a ouvert le régime à plusieurs dizaines de communes supplémentaires.
Les conditions : ne pas avoir été résident fiscal italien au cours des cinq années précédentes, et percevoir une pension versée par un organisme étranger. Le régime couvre tous les revenus étrangers, pas seulement la pension, et vous pouvez en exclure certains pays. Il n'exonère pas les revenus de source italienne, qui restent au barème. Une pension publique qui reste imposable chez vous en vertu de la convention ne peut pas y entrer. Le choix de la commune devient ainsi une décision fiscale autant que de qualité de vie : vérifiez le chiffre de population avant de signer un compromesso.
La flat tax des nouveaux résidents, pour les gros patrimoines
À ne pas confondre : l'article 24-bis permet à qui n'a pas été résident italien pendant neuf des dix dernières années de payer un forfait annuel sur l'ensemble de ses revenus étrangers, quel qu'en soit le montant, pendant quinze ans au plus. Ce forfait est passé à 300 000 euros par an pour les personnes qui deviennent résidentes à partir de 2026, plus 50 000 euros par membre de la famille. Il n'a d'intérêt que pour des revenus étrangers très élevés, et il n'a aucune condition de commune ou de région.
L'achat lui-même : la prima casa et l'IMU
Quand la maison italienne devient votre résidence principale, deux avantages s'ouvrent. À l'achat, le droit d'enregistrement tombe de 9 % à 2 % de la valeur cadastrale (ou la TVA de 10 % à 4 % sur un bien neuf), à condition de transférer votre résidence dans la commune dans les dix-huit mois suivant l'acte et de ne pas posséder un autre logement acheté avec cet avantage en Italie ; les biens de luxe des catégories cadastrales A/1, A/8 et A/9 en sont exclus. Chaque année ensuite, la résidence principale est exonérée d'IMU, toujours hors catégories de luxe, à condition d'y être inscrit à l'anagrafe et d'y habiter réellement.
Si vous financez, la taxe de substitution sur le prêt tombe de 2 % à 0,25 %. Attention au calendrier : si vous achetez d'abord en résidence secondaire et déménagez plus tard, l'avantage à l'achat est perdu ; si vous prenez l'engagement de résidence dans l'acte et ne le tenez pas dans les dix-huit mois, l'administration réclame la différence avec pénalités. Notre guide de l'achat détaille le déroulement de l'acte, et le guide du financement ce qu'une banque italienne accorde à un acheteur qui n'est pas encore résident.
Préparer le départ, côté de votre pays
Avant de partir, vérifiez avec votre caisse de retraite le versement à l'étranger et la délivrance du S1, informez l'administration fiscale de votre nouvelle adresse et préparez la dernière déclaration de résident. Si vous gardez un bien en France, ses loyers resteront imposables en France et il restera soumis à l'IFI, limité pour un non-résident aux seuls biens français. Pensez enfin à la succession : le règlement européen des successions applique par défaut la loi du pays de résidence habituelle, donc la loi italienne, sauf si vous choisissez expressément la loi française dans un testament.
Avant de partir, vérifiez avec le Service fédéral des Pensions le versement à l'étranger et la délivrance du S1, radiez-vous de votre commune belge et préparez la dernière déclaration de résident. Si vous gardez un bien en Belgique, ses revenus resteront imposables en Belgique au précompte immobilier et à l'impôt des non-résidents. Pensez enfin à la succession : le règlement européen des successions applique par défaut la loi du pays de résidence habituelle, donc la loi italienne, sauf si vous choisissez expressément la loi belge dans un testament ; les droits de succession régionaux belges, eux, suivent leurs propres règles de rattachement.
Avant de partir, vérifiez avec la Caisse nationale d'assurance pension le versement à l'étranger et la délivrance du S1, désinscrivez-vous de votre commune luxembourgeoise et préparez la dernière déclaration de résident. Si vous gardez un bien au Luxembourg, ses revenus resteront imposables au Luxembourg. Pensez enfin à la succession : le règlement européen des successions applique par défaut la loi du pays de résidence habituelle, donc la loi italienne, sauf si vous choisissez expressément la loi luxembourgeoise dans un testament.
Avant de déménager
- Vérifiez si votre pension est privée ou publique au sens de la convention : cela décide du pays d'imposition.
- Si le régime à 7 % vous intéresse, choisissez une commune éligible de 30 000 habitants au plus avant de chercher la maison.
- Décidez de la date de votre inscription à l'anagrafe : elle déclenche la résidence fiscale et les avantages prima casa et IMU.
- Décidez du sort de votre maison chez vous en tenant compte de l'IVIE.
- Demandez le formulaire S1 à votre caisse avant le départ.
- Faites établir un testament avec choix de loi si vous le souhaitez.
- Faites chiffrer l'ensemble par un fiscaliste qui connaît les deux pays.
Questions fréquentes
Pour aller plus loin
Ce que les demandeurs disent de leur projet
Sur les 356 demandes reçues dans notre réseau entre le 27 mai et le 9 octobre 2026, 92 indiquaient l'émigration comme objectif, contre 119 pour une résidence secondaire et 59 pour un investissement ; parmi les 285 messages écrits, 10 évoquaient explicitement la retraite comme raison du déménagement. Ce sont des chiffres pour l'ensemble du réseau, pas pour l'Italie seule, mais ils montrent qu'un projet d'installation sur quatre arrive avec des questions de résidence et de fiscalité, pas seulement de prêt.
Comment ce guide a été fait. Bas Terpstra rédige, relit et approuve chaque guide, avec des outils d'IA et des sources publiques comme point de départ. Les règles et les montants changent : utilisez ce guide comme une information générale et vérifiez les détails pour votre propre situation.
Ce guide est une information générale et non un conseil financier, juridique ou fiscal personnalisé. Les taux et pourcentages cités sont des repères issus de sources publiques de 2026 et expressément pas une offre. Tout crédit est soumis à l'examen des revenus, de l'expertise et des critères du prêteur. Un crédit vous engage et doit être remboursé.
